Les caprices sont une façon de tester les limites parentales

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Les caprices sont une façon de tester les limites parentales Les caprices sont une façon de tester les limites parentales - Crédit : Fotolia
Vous avez dit non et votre enfant n’a pas apprécié ? Il crie, pleure, trépigne, fronce méchamment les sourcils et a envie de se défouler sur son oreiller ? Même si elles sont un passage obligé de l’enfance, ces colères soudaines déstabilisent souvent les parents, notamment quand elles ont lieu en public… Alors comment s’en sortir et prévenir les crises ? Réponses avec la psychothérapeute Christine Brunet.

Qu’est-ce qu’un caprice ?

Christine Brunet : 
"Il s’agit d'abord d’un besoin impérieux manifesté par un enfant. C’est l’expérience d’une frustration imposée par les parents qui confronte le petit garçon ou la petite fille à la réalité, à savoir qu’il n’est pas dans la toute puissance. Un bébé ne fait pas de caprices; il peut lui arriver d’avoir des réactions un peu vives, mais il n’y a pas de colère derrière. Les caprices commencent à partir d’un an, un an et demi, et peuvent s’exprimer de manière plus ou moins intense : quand il est petit, l’enfant crie, se roule par terre, enlève ses vêtements, voire se tape la tête contre les murs – une mise en danger de lui-même qu’il ne faut absolument pas laisser passer. Plus grand, c’est souvent au supermarché que les crises ont lieu : l’enfant veut par exemple des sucreries et affiche son mécontentement quand on refuse de répondre à ses désirs."

 
Pourquoi l’enfant fait-il des caprices ?

Christine Brunet : "C’est une façon pour lui de tester les limites que les parents ont fixées, de s’affirmer, de façonner sa personnalité. L’enfant demande un gâteau alors que ce n’est pas l’heure de goûter, il refuse de mettre le manteau rouge et préfère le bleu… Tout cela est assez naturel, c’est la vie. Les enfants qui ne font jamais aucun caprice sont très rares ! L’affrontement avec les adultes permet de se construire, de comprendre les lois et les règles. Un passage obligé avant de se retrouver à l’école et d’apprendre à se calmer… Il y a également les caprices du soir – l’enfant réclame encore une histoire, refuse de se coucher – qui révèlent une anxiété à l’approche de la nuit.
Et puis les crises sont également un moyen d’attirer l’attention des adultes et de détourner la tension qui peut exister chez les parents. Les enfants sont des éponges, c’est pourquoi il est toujours important de remettre les caprices dans leur contexte et de les nuancer : les parents sont-ils angoissés en ce moment ? L’enfant est-il fatigué ? Vient-il d’avoir un petit frère ? Tout cela peut donner lieu à des crispations."

Comment réagir aux crises ?

Christine Brunet : " Inutile de mettre une étiquette sur l’enfant et de lui faire honte. Je me souviens, il y a quelques années une maman est venue me voir avec sa fille de 12 ans qu’elle a présentée comme ‘Mlle Ronchon’. C’est terrible parce que la petite grandit avec un stéréotype dans la tête. Il ne s’agit pas pour autant de céder car cela n’aide pas l’enfant à se construire. Il faut rappeler la règle, être ferme dans son intonation et dans son regard, mais sans crier. Je pense qu’il peut être également très utile de faire diversion. Proposer un petit jeu, le responsabiliser en l’incitant à mettre le couvert, regarder ensemble des photos de Noël : tout cela calme énormément l’enfant et l’aide à surmonter sa frustration. Il ne faut non plus hésiter à parler de soi, de son enfance. C’est quelque chose que les petits apprécient beaucoup. Dire par exemple : « Est-ce que moi je me mettais en colère comme ça quand j’étais enfant ? On demandera à papi et mamie ce soir. » Il est toujours important de verbaliser – « je comprends que tu ne sois pas d’accord mais on va faire comme ça » – et de féliciter l’enfant quand il réagit bien. Pour les caprices du soir, la mise en place de rituels (veilleuse, porte ouverte) aide à dédramatiser le coucher."

Comment surmonter l’épreuve de la crise en public ?

Christine Brunet : " Il est vrai qu’un caprice est bruyant et que les parents ont le sentiment de passer pour de mauvais éducateurs. Encore une fois, on peut détourner l’attention de l’enfant en lui proposant d’aider, en disant par exemple : « Va chercher le chocolat que ton papa aime beaucoup, ça lui fera plaisir. » En cas de grosse crise, dans un supermarché par exemple, on peut s’excuser auprès des autres clients, qui seront sans doute agréablement surpris ! Et puis cela entrainera l’enfant à présenter des excuses.
Je pense aussi qu’on peut limiter les colères en prévenant le petit avant de partir : « Je vais au supermarché pour remplir le frigo, je n’achèterai pas tout ce qui te fait envie. » Dans tous les cas, le fait d’anticiper – préparer la tenue du lendemain avec lui la veille, lui annoncer 5 minutes avant que l’heure du bain approche, etc. – permet d’éviter bien des caprices. Et cela témoigne également d’un respect pour l’enfant."

 

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