Qu'est-ce que tu me racontes là ? / PODCAST L'écho des berceaux #6

Qu'est-ce que tu me racontes là ? / PODCAST L'écho des berceaux #6
@Bubble / ÏDKIDS

Dans cet épisode, pas de blabla... mais beaucoup de "mamama", "papapa", et autres mots que souvent seuls les parents comprennent, les tout premiers mots de nos bébés ! Pour nous accompagner, vous le savez désormais, Aurélie Callet , Psychologue clinicienne et coach parentale, auteur des livres "Je ne veux pas" et "Je ne dors pas" aux éditions De Boeck supérieur et co-créatrice avec Clémence Prompsy du cabinet Kidz et Family.




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LE CONCEPT DU PODCAST L'ÉCHO DES BERCEAUX

On ne naît pas parents, on le devient en accompagnant pas à pas nos enfants. Nous découvrons alors en nous des richesses parfois insoupçonnées : patience, humour, enthousiasme…mais aussi des faiblesses ou des émotions contradictoires, des craintes à fleurs de peau et la peur de mal faire… bien des choses à dompter pour avancer. Vos bébés commencent à marcher, à parler, à manger comme des grands...et à chacune de ces étapes vous voilà plus ou moins bouleversés, chamboulés, remis en questions dans vos certitudes éducatives ? Ce podcast est fait pour vous ! Il vous invite à identifier ces grandes étapes de vie qui font de vous des parents et à comprendre que vous n’êtes pas les seuls, ni les premiers à les vivre. Que l’expérience des autres peut vous aider et qu’il est primordial de choisir VOTRE chemin de parentalité, celui qui, en conscience vous permettra de vous épanouir et de renforcer votre infini potentiel de parent…
Ce nouveau podcast signé Bubble est soutenu par Oxybul Éveil et Jeux, la marque qui accompagne les talents de chaque enfant ! (et ceux de leurs parents… !)




LE TEXTE DE L'INTERVIEW

Kim Abramowicz : Dans cet épisode, pas de bla-bla, mais beaucoup de « ma-ma-ma-ma-ma, pa-pa-pa-pa-pa » et autres mots que souvent, seuls les parents comprennent – les tout premiers mots de nos bébés. Pour nous accompagner, vous le savez désormais, Aurélie Callet, psychologue clinicienne et coach parental, auteure des livres Je ne veux pas et Je ne dors pas aux éditions De Boeck Supérieur, et co-créatrice, avec Clémence Prompsy, du cabinet Kidz et Family. Aurélie, bonjour ! 

Aurélie Callet : Bonjour, Kim ! 

K. A. : Aurélie, on parle donc des premiers mots de Bébé, ceux qui nous mettent les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres. Mais il faut rappeler qu'évidemment, la communication ne commence pas avec les mots. Ça fait des mois, en fait, depuis ses premières minutes de vie, que Bébé nous charme avec des regards, des sourires. Qu'est-ce que ces mots vont changer ? Pourquoi ces premiers mots remuent tant d'émotions chez les parents ?

A. C. : C'est vrai que les premiers mots, c'est hyper émouvant, d'autant que très souvent, les premiers, c'est « maman » ou « papa ». Donc c'est vrai que ça, dans le cœur d'un parent, c'est un grand moment, surtout quand ça fait des mois qu'on entend. C'est un peu comme les premiers pas. C'est un moment fort.

K. A. : Est-ce que ces premiers mots matérialisent finalement un premier accomplissement pour les parents ? Ils ont enfin – enfin ! – une preuve tangible qu'ils sont bien en train de transmettre quelque chose à leur enfant, notamment le langage.

A. C. : Je ne sais même pas si c'est vraiment une histoire de transmission, mais en tous les cas, je pense que ça rassure les parents. Encore plus pour ceux pour qui le langage met un petit peu plus de temps. C'est vrai que quand il y a les premiers mots, les premiers échanges, les parents qui étaient un petit peu inquiets d'un éventuel retard, ça les rassure.

K. A. : Alors, chaque enfant a sa propre manière de se lancer dans le langage. Les temps des uns, on l'a dit, ne sont pas les temps des autres. Ils sont très différents. Aujourd'hui, on parle de bébés qui ont entre 12 et 15 mois. Alors vraiment, il faut le dire aux parents, il ne faut pas s'inquiéter. Les bébés vont chacun à leur rythme. Il n'y a rien d'alarmant si un bébé, à 12 mois, ne parle pas, n'est-ce pas ?

A. C. : Non, tout à fait. Il y a des enfants… On dit, oui, que c'est entre 12 et 16 mois. Ça va être des mots simples, en général de deux syllabes. Mais une fois de plus, c'est pour ça que moi, je trouve que pour les jeunes parents, ces histoires de tranches d'âge, aussi bien pour les dents que pour la marche, que la posture assise, il ne faut pas que ça vous stresse et que vous soyez vraiment à observer ces phases en vous disant : « Il est en retard » ou « Il est très en avance ». Chacun son rythme. On sait qu'un enfant qui est énormément dans le moteur, qui est à fond dans la marche, lui, va peut-être parler plus tard. Ils ne peuvent pas être sur deux acquisitions très importantes au même moment. Donc, il y en a, ils vont privilégier l'une plus que l'autre.

K. A. : Ça, c'est avéré ? Il ne peut pas y avoir deux apprentissages en même temps ? C'est-à-dire que ce sera soit la marche, soit le langage ?

A. C. : Exactement, si jamais là, il est à fond, à fond dans le moteur, il va mettre toute son énergie sur ça. Et il y a peu de chances qu'il fasse ses premiers mots au même moment qu'il va marcher.

K. A. : Aurélie, est-ce qu'on peut revenir sur ces grandes étapes, malgré tout, de l'acquisition du langage ? Il y a plusieurs phases. Il y a une toute première phase de babillage où vraiment, en fait, c'est juste des sons qui sortent de la bouche du bébé. Tout ça, c’est avant un an. On parle donc de ce babillage. Vers un an, il y a des mots qui arrivent. Parfois, on ne les reconnaît pas toujours. Mais voilà, il s'agit déjà de mots. On va entendre « biberon », ou « bibi », ou « chien », ou « donne ». Et puis, entre 18 mois et 2 ans, on va avoir des associations de mots. C'est des « pré-phrases » : « Papa maison », par exemple. Et puis c'est vers 2 ans qu'arrivent les premières phrases avec un sujet, un verbe, un complément. C'est bien comme ça que ça se déroule ? C'est comme ça que ça arrive, le langage ?

A. C. : Oui, bravo, c'est exactement ça. Et je pense que la période où on est le plus dans l'interaction, c'est effectivement le 18-24 mois, où là, les enfants arrivent à nommer des actions : « Maman partie », « Maman vient », « Manger », « Boire ». Ils arrivent vraiment à nommer des choses qu'ils veulent faire ou qu’ils vont faire. Et en général, c'est à peu près à deux mots. Donc, en tout cas, on a l'impression qu'on arrive à comprendre, en fait, ce qu'ils veulent, ce qu'ils nous disent. Donc ça, c'est vraiment chouette.

K. A. : Alors, chez certains enfants, Aurélie, on a l'impression que le langage jaillit. Qu’il n’y avait rien du tout et puis d'un coup, ça sort. Comment ça se passe ? Est-ce que c'est parce qu'ils ont emmagasiné énormément de choses, qu’ils nous ont observés, qu’ils nous ont regardés et que d'un coup, ça a maturé et ça se déclenche ? 

A. C. : Oui, c'est vrai qu'il y a des enfants chez qui c'est assez impressionnant, où des parents peuvent être très inquiets en disant « Il ne dit pas un mot, ça met quand même beaucoup de temps à se mettre en place,  ça m'inquiète », et c'est des enfants, il y en a certains qui ne vont pas du tout passer par ce qu'on appelle « le langage bébé ». Par contre, qui sont extrêmement observateurs, qui enregistrent tout, qui apprennent tout. Et le jour où ils parlent, ils parlent bien, ils ne passent pas par le langage bébé. Donc ceux-là, c'est vrai que ça fait un petit peu bizarre parce qu'on ne les entend pas parler, et puis d'un seul coup, ils font des vraies phrases et ils parlent avec des mots assez élaborés et tout ça. Mais il y en a qui vont faire du langage bébé très tôt, où seuls les parents peuvent comprendre ce qu'ils disent, et d'autres qui ne disent rien et d'un seul coup, hop, ça va être un langage élaboré.

K. A. : C'est plus perturbant pour les parents, ça ? C'est étonnant !

A. C. : Oui, ça fait un peu comme la publicité, vous savez, où on voit les petits qui dansent comme des grands.

K. A. : Oui, je vois bien ! Est-ce que… Alors, dans ce podcast, on s'intéresse à ce que ces phases du développement de l'enfant provoquent chez les parents. Qu'est-ce que ça provoque, cette arrivée du langage ? Est-ce que c'est, par exemple, une période où les parents vont s'interroger sur ce qu'ils… On a parlé de transmission au début, mais sur ce qu'ils transmettent, en fait, parfois – des tics de langage, des gros mots, le fait de parler fort ou de parler très bas… Ça peut sauter aux yeux quand on voit Bébé le reproduire. Est-ce que finalement, toute la famille ne se retrouve pas un peu face à un miroir quand les premiers mots du bébé arrivent ?

A. C. : Oui, alors c'est vrai que les gros mots, ça c'est le truc qui est le plus étonnant parce qu'on se dit « Oups, maintenant, il répète, il faut qu'on fasse plus attention » ! Oui,  après, c'est vrai que ces premiers mots, il y en a qui vont choisir parfois des mots qu’ils trouvent plus faciles à prononcer. D'autres, ils ne vont vouloir nommer que des actions – « Viens », « Pas là ». Donc non, c'est vraiment le premier moment où on arrive à communiquer davantage. Même si, avant l'apparition du langage, et surtout pour les parents qui ont des enfants qui ne parlent pas très tôt, de se dire qu'il y a plein de manières de communiquer, je veux dire par les sourires, les gestes, les sons qu'on peut faire, commenter tout ce qu'il fait. Il ne faut pas se stresser quand le langage arrive un peu tard, il y a d'autres moyens. Et l'autre truc qui est super avant l'apparition du langage, maintenant, ça se fait de plus en plus, c’est de signer avec son bébé. Il y a beaucoup de crèches, maintenant, qui le font. Et c'est vrai que les parents qui ont appris à signer avec leur bébé la langue des signes, je pense que ceux-là souffrent un petit peu moins quand le langage tarde à venir parce qu'ils ont l'impression qu'ils ont pu communiquer avant ça.

K. A. : On va reparler de ces frustrations liées au langage, à l'arrivée du langage. Mais le signe avec Bébé, en fait, comment ça se fait que Bébé est capable d'assimiler des signes avant des mots ? Qu'est-ce qui explique que le bébé va pouvoir acquérir du vocabulaire par signes avant de l'acquérir par des mots ?

A. C. : Parce que par rapport à la maturation de son cerveau, chez un tout-petit, c'est beaucoup plus simple de passer par le gestuel.

K. A. : Donc il peut s'exprimer plus rapidement avec… Donc ça veut dire qu'il faut commencer quand ? Dès la naissance, à faire des signes ? Ce n'est pas très naturel pour les parents, non ?

A. C. : Non, mais c'est vrai qu'à partir de 6 mois, quand vraiment… En plus, quand les gens regardent un peu sur Internet, des signes, on peut en faire plein. Moi, je trouve que ce qui est chouette, c'est de pouvoir comprendre « J'ai faim », « J’ai soif », « J'ai mal » – les choses les plus importantes que parfois, en tant que parent, on a un petit peu de mal à décoder. D'ailleurs, je fais juste une digression sur ça pour les jeunes parents qui ont des bébés, je ne sais pas si vous connaissez, Kim, ou pas, c'est le DBL, le Dunstan Baby Language.

K. A. : Oui, vous nous en aviez déjà parlé dans le premier épisode sur les pleurs du bébé. Effectivement, c'est passionnant. J'invite d'ailleurs nos auditeurs à aller réécouter cet épisode. Mais allez-y ! Pour ceux qui ne l'ont pas encore entendu, je vous invite à nous expliquer de quoi il s'agit.

A. C. : En gros, là, vous verrez que… Là, vous trouvez des vidéos sur Internet, et pareil, comme pour la langue des signes, vous prenez vraiment les plus simples : « J'ai sommeil », « J'ai mal », « J'ai faim ». Et vous allez voir qu’en fait, votre bébé vous parle au travers de ses pleurs. Bien avant le langage, dans ses pleurs, il vous dit plein de choses. Donc ça,  vu qu’on parle du langage, les pleurs peuvent vous parler aussi et vous donner des informations.

K. A. : Alors revenons un petit peu sur la façon dont le langage vient bousculer la famille. Qu'est-ce qu'on observe encore, chez les parents, chez les frères et sœurs ? Est-ce qu'on peut parler de… Est-ce qu'il y a, par exemple, un peu de jalousie quand le bébé nomme l'un de ses parents et pas l'autre encore ? Ou dit le nom d'une de ses mamies et pas l'autre mamie ? Est-ce que ça génère un peu de jalousie, ce langage, ce premier langage ?

A. C. : Je ne sais pas si ça fait de la jalousie vraiment, à proprement parler, mais c'est vrai que le premier parent qui entend prononcer « papa » ou « maman », c'est un moment très fort. Et quand un enfant ne dit par exemple que « papa », la maman est un peu chagrinée, et puis elle attend que… Donc c'est assez rigolo.

K. A. : Petite confidence familiale, moi, ma mère m'a toujours dit que quand un bébé dit « pa-pa-pa », ça veut dire « maman », en fait. Maintenant, j'ai un doute. D'un point de vue éducatif, qu'est-ce qui découle de ces premiers mots ? Est-ce que c'est le moment où on va commencer à demander à Bébé de dire « bonjour », « merci », « au revoir » ? Est-ce que,  ça y est, on commence à rentrer dans la politesse, en fait ? 

A. C. : Je ne sais pas si c'est les premiers mots auxquels vont penser les parents par rapport à la politesse. Je parle pour les petits, pour les 1-2 ans. En général, j'ai l'impression que tous ces mots, un petit peu, ces mots de politesse, les parents, ils y pensent davantage vers 3 ans. Quand c'est les prémices du langage, les gens sont vraiment sur les prénoms, « le pain », « le lait », « dodo », « doudou ». Vous voyez, plus des choses du quotidien qui vont nous permettre de communiquer et d'échanger en famille. Bien sûr, on dit « merci » et tout ça, mais je ne suis pas sûre que c'est sur ça que les parents insistent le plus.

 K. A. : Donc on est plus sur les mots de la routine. 

A. C. : Exactement.

K. A. : À quoi ils servent, en fait, dans l'organisation familiale ? Ils vont permettre de fixer ces routines-là ?

A. C. : Oui, ça permet de fixer. Et puis ça permet, comme c'est des choses, vu que c'est la routine des choses qu'on fait tous les jours, ça permet vraiment de… ce qu'on appelle « encoder », pour l'enfant, les mots. Ça veut dire qu'on va être dans la répétition. « Oui, ça, c'est Doudou », « Oui, le bain », « Oui, ça c'est du pain ». Ça permet un petit peu les choses de tous les jours : « la couche », « dodo ». 

K. A. : Parce que l'enfant a besoin de répétition, pour assimiler.

A. C. : Exactement. En fait, plus on va répéter, plus ça va… Oui, ce qu'on appelle « encoder » dans le cerveau. Ça veut dire que c'est bon, c'est enregistré. Par exemple, pour vous dire ce que ça veut dire « encoder », pour que ce soit clair pour tout le monde, je vais vous donner un exemple simple qui est un petit peu pour les plus grands. Mais par exemple, quand vous connaissez vos lettres de l'alphabet, si jamais vous savez bien écrire vos lettres, vous êtes capable de le faire sur une feuille, en voyant, mais vous êtes capable de le faire dans l'air, dans le dos, de faire semblant. Vous voyez ? Comme ça. Et ça veut dire que c'est clair pour vous, vous savez le faire. Ou sur une feuille sans regarder.

K. A. : Ça me fait penser à un autre phénomène qu'on observe – alors aussi sur les enfants un petit peu plus grands, je pense vers 2 ans. Ces enfants qui répètent la même question, mais cent fois. « Il est où papa ? » – « Au travail. » ; « Il est où papa ? » – « Au travail. » ; « Il est où papa ? »… Et en fait, on avait trouvé une petite astuce. Avec l'équipe Bubble, on s'en parlait et on avait trouvé cette petite astuce de demander à l'enfant. Si ça fait quinze fois qu'il nous demande « Il est où papa ? », retourner la question : « Il est où, papa ? » Et là, l'enfant répond : « Au travail. » Et en fait, il sait très bien où il est, mais c'était pour vérifier.

A. C. : Bien sûr.

K. A. : Et ça, c'est génial, parce que c'est une petite astuce qu'on peut donner aux parents, c'est : posez-lui, vous, la question. Une fois qu'il aura répondu lui, la question ne sera plus posée.

A. C. : Exactement !

K. A. : C'est dingue ! Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est rentré dans le cerveau ? 

A. C. : Exactement.

K. A. : Alors on parlait tout à l'heure, Aurélie, des frustrations liées au langage. C'est vrai qu'on peut constater certains enfants qui font des énormes colères parce qu'en fait, on ne les comprend pas. Encore faut-il savoir que c'est parce qu'on ne les comprend pas… Ce n'est pas toujours évident pour le parent que les grosses crises qui arrivent vers 18 mois sont liées au langage, en fait.

A. C. : Oui, en fait, c'est lié à des frustrations. C'est un petit peu comme si vous, vous partiez dans un pays étranger, que vous ne parliez pas du tout la langue, et que vous vouliez, je ne sais pas, vous avez besoin de faire un truc important et que vous n'arrêtez pas de parler – vous parlez, vous parlez –, et vous voyez qu'en face, il comprend rien. Et vous êtes là, « Mais comment je vais faire, en fait ?! ». Et à la fin… Enfin, vous essayez avec les gestes, le corps, et quand vous voyez que l'autre ne comprend rien à ce que vous dites, c'est hyper frustrant. Déjà nous, en tant qu'adultes, ce serait hyper frustrant, donc on imagine très bien que pour un enfant… Parce que lui, il a l'impression, pour lui, évidemment, sa demande, elle est hyper claire. Et donc le fait de voir que nous, on comprend rien, évidemment, ça crée des frustrations, de la colère, de l'énervement. Donc c'est pour ça que, pour les parents qui nous écoutent, qui ont des enfants un petit peu plus grands, qui n'ont pas fait la langue des signes avec Bébé, vous pouvez très bien utiliser – maintenant, il y en a beaucoup – des supports pour les émotions. Maintenant, tout petits, ils connaissent. Donc on peut très bien se servir de supports écrits. Maintenant, il y a des petites peluches réversibles – un content, un pas content. Enfin, voilà : maintenant, on peut trouver quand même beaucoup de choses. Alors évidemment, tout ça ne veut pas dire qu'on ne parle pas à son enfant, on ne se sert que des supports. Au même titre que la langue des signes, pendant qu'on signe, on dit, comme on est avec des enfants entendants, on dit à l'oral le mot. Mais en fait, tout ça ne sont que des supports supplémentaires pour essayer de communiquer au mieux, et justement, de pouvoir diminuer ces frustrations et que l'enfant se sente compris et entendu.

K. A. : Mais le support sur les émotions, par exemple, il sert à dire son émotion. Il sert effectivement à dire qu'on est frustré, ou en colère, ou triste, mais il ne sert pas à dire pourquoi ?

A. C. : Non, mais maintenant, vous pouvez trouver plein de petits pictos – sur « faim », un biberon. Vous voyez ? Il y a plein de choses du quotidien qu'un enfant pourrait avoir envie ou besoin. Alors le mieux, c'est de faire des pictos qui répondent aux besoins, parce qu'au moins, ceux-là, on est sûr qu'on ne les loupe pas. Mais on peut trouver plein de petits pictogrammes où, du coup, l'enfant peut pointer et permet de dire ce qu'il veut. En tout cas, ça, ça peut être fait pour les enfants pour qui vous voyez que c'est hyper frustrant pour eux et qu'en fait, ils se mettent très fort en colère parce qu'ils ont l'impression qu'on ne les comprend pas. Il y en a d'autres pour qui ça les gêne moins. On voit que ça glisse plus, et que c'est moins important. Mais il faut faire en fonction de vos enfants. Et juste, peut-être, un petit conseil pour les parents qui ont des petits, essayez, pour ceux qui ont des tétines, de prendre hyper rapidement l'habitude de : pour parler, on enlève la tétine. Et de lui faire le geste, « Quand tu parles, pffuit, en gros, tu déplugges  la tétine », et de lui dire : « Je ne comprends pas quand tu parles avec la tétine. » Et la deuxième chose, c'est éviter le plus possible de parler bébé. C’est-à-dire que si votre enfant, je ne sais pas, dit « bana » pour « le pain », ça n'a aucun rapport avec le mot initial et donc ça va lui permettre uniquement de communiquer avec vous. Si jamais il voit d'autres, je ne sais pas, des auxiliaires à la crèche, n'importe qui dans la famille, personne n'aura le dictionnaire de votre enfant. Donc vraiment, même si votre enfant dit « bana » pour « le pain », dire : « Oui, tu veux dire “le pain”. » Et vous…

K. A. : Est-ce qu'il y a un petit, quand même… Je rebondis ! Il y a un petit sentiment de satisfaction, quand même, côté parents, de se dire qu'on est les seuls à le comprendre ?

A. C. : Oui, je pense qu'effectivement, il y a de ça. Mais il ne faut pas trop s'enfermer là-dedans, parce qu'après, ça devient contre-productif. Et il ne faut pas qu'on ait des enfants qui aient un complet paralangage, qui n'est accessible à personne. Parce que le but du langage, c'est de communiquer, mais pas de communiquer qu'avec ses parents. Le but, c'est de pouvoir s'ouvrir aux autres, aux enfants au parc, ou aux gens qui vont le garder à la crèche. Là, il faut vraiment se dire que peut-être c'est chouette, en tant que parent, de se dire « Moi, j'ai le décodeur », mais ce n'est pas vraiment lui rendre service pour ses interactions sociales.

K. A. : Quelle habileté parentale on développe, avec cette phase de développement de l'enfant ? On apprend à écouter, notamment ? 

A. C. : On apprend écouter, décrypter, la patience, la répétition. Des trucs qui vont nous servir un moment, quand même !

K. A. : Effectivement ! Merci beaucoup, Aurélie, d'avoir été avec nous pour ce nouvel épisode de L'Écho des berceaux.

A. C. : À bientôt ! 

K. A. : On termine cet épisode avec un petit récap’ de ce que l'on a appris. Les premiers mots de nos bébés chamboulent nos petits cœurs de parents. Ces mots nous rassurent, ils nous connectent encore un peu plus. On a appris que le langage prend son temps, qu'il génère des frustrations, parfois, chez l'enfant, qu'il existe bel et bien des astuces pour calmer ces frustrations – le langage des signes, par exemple. On a appris que les parents vont devoir faire attention. Leur petite éponge répète tout, et même les gros mots… Oups ! Une belle étape, qui nous apprend à écouter nos enfants, à décrypter, et à les aider à s'ouvrir aux autres – à tous ceux qui, comme nous, les comprendront bientôt. À bientôt pour un nouvel épisode de L'Écho des berceaux.




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