En maternelle, tout est prétexte à l’apprentissage des couleurs

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En maternelle, tout est prétexte à l’apprentissage des couleurs En maternelle, tout est prétexte à l’apprentissage des couleurs - Crédit : Fotolia
Même si le nouveau-né n’en distingue pas encore les nuances, le contact avec la couleur a lieu dès les premiers jours de sa vie. Cette perception s’affine ensuite avec l’âge, c’est pourquoi l’instituteur place l’apprentissage des couleurs au centre des activités de l’élève tout au long de la maternelle.

 

D’abord, les couleurs primaires
En petite section, l’acquisition de la couleur passe par la manipulation des trois couleurs primaires (rouge magenta, jaune primaire et bleu cyan) sous forme de peinture. Je laisse donc les élèves « patouiller », c’est-à-dire que je dispose des petites quantités de gouache dans des barquettes avant de leur donner des outils et un thème. En début d’année, les enfants découvrent les objets qui leur permettront de dessiner : pinceau, bouchon de liège, brosse, rouleau, éponge. Ma première tâche est de leur enseigner les noms des instruments et comment les utiliser. La peinture reste ce qu’il y a de mieux pour les mélanges de couleurs.

 
La décoration de la classe devient terrain de jeu
Peu à peu, on passe à d’autres activités comme jouer à la pâte à modeler, dessiner à l’aide de feutres, ou encore colorer la pâte à sel avec de l’encre afin de fabriquer les fameuses empreintes de main ou de pied.
Je fais aussi de la décoration de la classe un prétexte en confectionnant des panneaux sur lesquels je dessine un rond à l’intérieur duquel je mets une couleur, dont j’écris alors le nom au-dessous. Une fois collés au mur à la hauteur des élèves, les panneaux  forment le « jeu des couleurs » que mes élèves adorent ! Tout au long de l’année, je trouve des moments pour demander aux enfants de me montrer telle couleur sur le mur, chacun leur tour.
Au début, l’hésitation est de mise, puis au fur et à mesure, les élèves gagnent en rapidité d’exécution. J’enrichis alors mon tableau des couleurs complémentaires (violet, orange et vert) pour terminer avec le noir et le gris.

Encre, pastels et gommettes
Une autre matière que j’aime travailler, c’est l’encre. En ce moment par exemple, je travaille sur les pommes qui à cette saison se révèlent surtout jaunes et rouges. On a donc fabriqué une grande frise où chacun colle son fruit avant d’en colorier la surface à la craie grasse (pastel) rouge, que l’on recouvre d’encre jaune par la suite. Le rendu est magnifique.
En moyenne section, j’introduis les algorithmes. L’exercice consiste alors à coller des gommettes à une fréquence imposée : 2 rouges puis une jaune puis deux rouges à nouveau et ainsi de suite. Petit à petit, j’enrichis la palette et je complexifie le rythme.

La décoration du cahier avec sa couleur préférée
La décoration du cahier en début d’année s’impose également. Etant donné que le cahier suit l’élève tout au long de l’année, je propose des couleurs et ce sont les enfants qui choisissent. En petite section, des garçons optent pour du rose fushia, comme Nassim cette année, qui n’est pourtant jamais le dernier à jouer à la bagarre ou à piquer les jouets de ses camarades. Ceci se produit moins l’année suivante en moyenne section, lorsque les garçons réalisent qu’il s’agit d’une couleur plutôt choisie par les filles.

Faire preuve d’originalité
Plus difficile à mettre en place mais intéressante, l’initiative d’une collègue m’a beaucoup plu. Elle choisissait une couleur par semaine et demandait à ses élèves de lui apporter des objets de la couleur en question. Elle a ainsi récupéré des bouchons de bouteille en plastique, des rouges à lèvre, et même un emballage de Kinder et la coque d’un Babybel ! Elle n’a évidemment pas poursuivi l’expérience toute l’année mais elle a traité les couleurs primaires.

Une préoccupation constante
En fin de compte, l’apprentissage des couleurs n’est pas un thème à proprement parler. En maternelle c’est davantage un réflexe à avoir. Lorsque je sens qu’un élève est fragile sur le plan des couleurs, je vais lui montrer les panneaux que j’ai collés au mur et je lui dis : « Tu vois Martin, le bleu c’est cette couleur-là ». Ou bien, lorsque je les habille pour la récré, je les questionne sur les couleurs de leurs vêtements. De toute façon, ce qui touche à la couleur plaît beaucoup aux enfants, ils se sentent vite à l’aise et concernés. D’ailleurs dans cette matière, je me fixe le même objectif qu’il s’agisse d’une classe en ZEP ou de quartier aisé. Ce n’est pas le cas dans l’acquisition du langage, croyez-moi. 

 

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