L’éducation positive

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L’éducation positive L’éducation positive - Crédit : Rodolphe Opitch et Sabine Littardi / Bubble Mag
Les dernières découvertes en neurosciences permettent de valider scientifiquement ce que nombre de psychothérapeutes (à l’image de Bowlby, Dolto, Gordon, Miller, Korczak ou encore Winnicott) avaient pressenti : l’amour et la bienveillance sont essentiels pour le développement de nos enfants. Décryptage de ce que l’on appelle aujourd’hui la « parentalité positive ».

Origines
La parentalité positive (ou bienveillante) trouve ses sources dans plusieurs courants de pensée connexes qui ont émergé dans les années 60-70 aux États-Unis et qui ont donné naissance à différentes méthodes aujourd’hui enseignées en France et dans le monde entier.

En 1965, le psychologue israélien Haïm Ginott publie aux USA un livre fondateur, vendu à plus de 5 millions d’exemplaires : Between Parent & Child (Entre parent et enfant).
Dans cet ouvrage (toujours disponible et mis à jour en 2003 par sa femme la psychologue Alice Ginott), l’auteur élabore une approche de l’éducation fondée sur 4 principes révolutionnaires pour l’époque : se faire obéir sans menaces, sarcasmes ou punitions ; critiquer sans humilier, complimenter sans juger, exprimer sa colère sans violence ; accueillir les émotions et communiquer pour créer la confiance et développer la confiance en soi des enfants. C’est à lui que l’on doit la célèbre « méthode » Faber et Mazlich qui s’en inspire directement.

En 1970, avec son livre Parents efficaces : une méthode de formation à des relations humaines sans perdant (Parent Effectiveness Training : The Tested New Way to Raise Responsible Children), le psychologue américain Thomas Gordon propose  quant à lui de résoudre les conflits par l’instauration d’une relation gagnant- gagnant – s’inspirant notamment des recherches d’Abraham Maslow sur la satisfaction des besoins. Plusieurs organismes en France et dans le monde enseignent aujourd’hui cette méthode au grand public.

À la même époque, le psychologue Marshall Rosenberg – qui a voyagé dans le monde entier pour intervenir en tant que médiateur dans les conflits et promouvoir la paix – développe le concept de la Communication NonViolente (CNV) – terme en référence au mouvement de Gandhi. Mondialement reconnue et toujours d’actualité, cette méthode propose de communiquer sans jamais nuire à son interlocuteur, afin de transformer les conflits potentiels en dialogues paisibles et de désamorcer les disputes. En 1999, il
publie le désormais célèbre Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) (Nonviolent Communication : A Language of Compassion), et décline son approche dans les relations parents-enfants en 2004 avec son livre Élever nos enfants avec bienveillance : L’approche de la communication non violente (Raising Children Compassionately: Parenting the Nonviolent Communication Way).

Depuis cette époque, le concept de parentalité positive s’est peu à peu répandu dans le reste du monde  occidentalisé pour gagner l’Europe (le Conseil de l’Europe en a fait un de ses chevaux de bataille !), et notamment la France, où de nombreux auteurs, dont Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen, Nathalie de Boisgrollier, Anne Bacus, ou encore Catherine Dumonteil-Kremer travaillent à enrichir cette approche, publiant de nombreux ouvrages et donnant moult conférences

Fondements scientifiques
Les recherches les plus récentes sur le cerveau de l’enfant montrent en effet qu’une éducation bienveillante, respectueuse et empathique permet au cerveau de se développer de manière optimale (voir notre article ci-avant pour plus de détails). Et, à l’inverse, que le stress, les violences verbales voir physiques peuvent modifier en profondeur un cerveau en construction en altérant les capacités cognitives (mémoire, apprentissage, réflexion) et affectives (relations, émotions).

« Avec » plutôt que « contre »
La parentalité bienveillante (ou positive) repense le mode de relation entre parents et enfants. Elle substitue au schéma « dominant/dominé » (je suis l’adulte ; tu es l’enfant, donc tu m’obéis) une relation basée sur la bienveillance (je suis l’adulte, tu es l’enfant, donc je vais t’aider à grandir). Elle est avant tout une posture fondée sur le respect profond que l’on a pour son enfant. En pratique, elle nécessite une nouvelle manière de communiquer et de poser les règles. Et cela demande de l’apprentissage ! Peu de parents aujourd’hui ont été élevés selon ces principes : la majorité d’entre nous reproduit ce que nos propres parents nous ont transmis. Voici quelques précieux conseils, mais attention, ce ne sont pas des recettes miracles : changer soi-même prend du temps, et faire grandir ses enfants également. Tout ne fonctionnera pas tout de suite, ni avec tous les enfants. Soyez indulgent(e) envers vous-même et persévérez !
1. Communiquer différemment, en distinguant l’enfant de ses actes, en formulant ses phrases positivement, en l’incitant à trouver des solutions par lui-même…
2. Respecter l’enfant, en accueillant ses émotions (sans les nier ni les juger), en faisant preuve d’empathie (évitez les étiquettes), en lui donnant du temps et de l’attention, en
évitant menaces et punitions humiliantes et en cherchant plutôt des solutions « gagnant-gagnant » qui limitent les rapports de force…
3. Poser un cadre clair en fixant les règles à l’avance, en les adaptant à l’âge de l’enfant et en maintenant le cadre tout en offrant une liberté d’expression et d’action.


Comment débuter ?
En lisant
Faber & Mazlich
Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent
* Parents épanouis, enfants épanouis : cultivez le bonheur dans votre famille
Frères et sœurs sans rivalité

Thomas Gordon
Éduquer sans punir
Parents efficaces
Parents efficaces au quotidien

Jane Nelsen
* La discipline positive

Isabelle Filliozat
* J’ai tout essayé
Il me cherche
Il ny a pas de parents parfait
Au cœur des émotions de lenfant

En s’exerçant
Les ateliers et formations à la parentalité positive se multiplient en France. Ateliers de Discipline Positive, ateliers Gordon, ateliers Faber et Mazlich, ateliers Filliozat, Atelier des Parents… de nombreux réseaux proposent des modules de 7 à 10 séances d’environ 3h, souvent en soirée, en présence d’un formateur et d’autres « parents-élèves ». Les avantages ? Se motiver, pouvoir échanger entre parents, faire des jeux de rôles pour se mettre à la place de l’enfant, poser des questions, et, accessoirement piquer quelques fous rires ! Vous trouverez le contact de formateurs sur les sites de ces organismes.

Entrainez-vous avec Bubble !
Tout frais, tout nouveau, notre mook vous accompagne au quotidien pour vous initier à la parentalité positive. Principes à mémoriser, exemples concrets, DIY, lectures, printables, sorties… Au fil des saisons, des idées originales pour partager des moments de qualité avec vos enfants. Inspirant et passionant ! 


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