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L’école Montessori : un exemple de pédagogie alternative

L’école Montessori : un exemple de pédagogie alternative
L’école Montessori : un exemple de pédagogie alternative - crédit : L’école Montessori : un exemple de pédagogie alternative - Crédit : Adobe
 L’école Montessori, du nom du médecin et anthropologue Maria Montessori, ça nous dit plus ou moins quelque chose. Dans le détail, de quoi est-il question et comment l’enseignement se déroule-t-il en pratique ? Les réponses illustrées par des exemples concrets dans cet entretien avec Véronique Sodoir, directrice de l’école bilingue Maria Montessori à Versailles (78). Propos recueillis par Marjoliemaman.

 

Dans votre école, vous accueillez des enfants à partir de 2 ans et jusqu’à 11 ans, comment sont-ils répartis ?
Nous accueillons les enfants de deux ans une demi-journée par semaine entre janvier et juin. Ils sont en petit comité et cela leur permet de se familiariser avec notre école. Ensuite, de 3 à 6 ans et demi, ils évoluent dans deux ambiances, l’une francophone/bilingue, l’autre anglophone pour acquérir les fondamentaux d’écriture et de lecture dans les deux langues ainsi qu’un bon niveau en mathématiques avec notamment la notion des quatre opérations et le système décimal jusqu’à 9999. Ensuite, jusqu’à 11 ans, lors du cycle primaire, ils évoluent dans une ambiance bilingue et ils poursuivent l’apprentissage des fondamentaux, à leur rythme.

Respecter le rythme de l’enfant est l’une des bases de la pédagogie Montessori ?
La méthodologie implique qu’on laisse l’enfant investir personnellement son parcours à son rythme et qu’on lui laisse la prise d’initiative. L’éducateur est là pour observer et intervenir à la demande de l’enfant. Lorsque l’éducateur montre quelque chose, il prend bien soin de simplifier le geste et de le décomposer afin que l’enfant puisse se l’approprier et qu’il développe son attention et sa concentration. Dès 2 ans, l’enfant a cette capacité à faire par lui-même. Un jour, j’ai observé une petite fille de deux ans demi qui voulait mettre ses collants toute seule. Elle a passé un temps fou à essayer, cela en devenait presque douloureux pour moi qui la regardait mais je ne suis pas intervenue. Dès qu’elle a réussi à les enfiler, elle les a enlevés pour recommencer et s’approprier le geste !

Vous parlez d’ambiance et non pas de classe, quelle est cette notion ?
Dans une ambiance, tout a de l’importance. On fait attention à la pièce, à la manière dont elle est peinte et décorée, au matériel mis à disposition à la hauteur des enfants, qui doit être suffisant mais pas en surnombre et aussi à la façon que l’on a de s’exprimer dans cette ambiance. Par exemple, si l’on crie, les enfants vont faire de même et le ton montera de plus en plus.

Comment s’organise une journée dans votre école ?
Les enfants sont accueillis entre 8h30 et 9h, en journée continue si les parents le souhaitent. Ils partent en activité individuelle. Chaque enfant choisit l’activité qu’il souhaite faire en observant le matériel mis à disposition. Ils font leur propre programme. Nous faisons confiance à l’enfant qui va de manière naturelle vers ce dont il a besoin. Les enfants développent leur indépendance, leur autonomie mais les intervenants qui ont une formation spécifique Montessori sont à disposition si besoin. L’idée est de laisser vivre ce temps libre le plus longtemps possible, environ 1h30. Vient  ensuite le temps collectif qui favorise le lien social, l’échange, la pratique des langues et l’ouverture. Pour les plus petits, c’est aussi un moment où l’on découvre la politesse et la courtoisie. C’est également un temps où l’on échange sur la thématique annuelle. Cette année, c’est « l’air, le vent, le souffle ». Nous préparons donc un spectacle et nous nous retrouvons autour de différents temps forts sur ce thème. C’est ensuite l’heure du déjeuner où chacun se restaure à son rythme. Puis nous allons au parc pour un temps libre suivi d’activités ludiques et sportives en anglais. Vers 15h30, les enfants retournent à l’école pour un temps plus collectif où l’on développe la thématique du matin mais dans une autre langue. Les grands s’établissent un programme très adapté à leurs besoins. Ils savent dans quels domaines ils doivent insister grâce à des validations régulières.

Y a t-il des enfants à qui cette méthode ne convient pas ?
Nous n’avons pas eu d’échec mais c’est une méthode qui n’est peut-être pas adaptée à certains handicaps. Nous sommes une dizaine d’éducateurs pour une centaine d’enfants. Notre principe c’est l’enfant devant, l’adulte derrière et cela fonctionne. L’adulte valorise les actions autonomes et propose des objectifs pour que l’enfant se les fixe seul ensuite.  Nous envisageons les acquisitions de cette manière : un temps pour découvrir, un temps pour assimiler et un temps pour redonner. Ainsi, les plus grands vont spontanément aider le plus petit qui a du mal à faire ses lacets. C’est une éducation vers la paix. Nous développons la confiance envers les enfants. De nos jours, ils sont parfois tellement attendus, tellement espérés que l’on a tendance à trop les protéger. Si un enfant se met debout et qu’il tombe, il faut le laisser faire car c’est par l’échec qu’il va progresser.



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