La place dans la fratrie a-t-elle une influence sur l’enfant ?

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La place dans la fratrie a-t-elle une influence sur l’enfant ? La place dans la fratrie a-t-elle une influence sur l’enfant ? - Crédit : Fotolia
Trouver sa place dans une fratrie n’est pas une mince affaire. Si le rang de naissance détermine les contours de cette place, il n’est pas le seul facteur. Mais chacun a une place unique dans la famille qui va ensuite influer sur toute sa destinée. En tant que parents, on se sent parfois impuissant face à tous ces mécanismes. Comment éviter les crises, les rivalités ou les jalousies entre frères et sœurs ? Explications avec Françoise Peille, psychologue clinicienne.

 
Comment le rang de naissance marque-t-il les enfants et influence-t-il leur caractère ?
Le rang de naissance est un élément de la construction de l'individu mais dépend de beaucoup d'autres facteurs. Cependant l'expérience et le vécu que nous avons eu dans notre propre fratrie va jouer dans notre existence et dans nos relations ultérieures en dehors de notre famille. Etre l’aîné, le second ou le dernier ne change parfois rien. Dans certaines familles, l’aîné est valorisé et dans d’autres pas du tout.

Quelles sont les spécificités les plus souvent rencontrées, liées à la place dans la fratrie ?
Ça dépend si on est l’aîné de 2,3 ou 4. L’aîné est souvent chargé de s’occuper des plus jeunes dans une famille nombreuse et ça marque. Je me suis aperçu que les aînés qui ont le plus souffert sont les aînées filles car elles étaient plus sollicitées et moins valorisées. C’est différent pour les aînés garçons.
Les cadets sont des personnes qui veulent à tout prix réussir car ils sont les seconds. Ils veulent dépasser leur aîné, sauf s’ils ont gardé le côté souffre-douleur.
Les derniers sont les plus gâtés parce qu’ils arrivent un peu tard. Mais il faut aussi savoir si ce dernier a été bienvenu ou bien si c’est un petit accident. Ils peuvent alors être mal-aimés, mais c’est plus rare.

Les rôles sont-ils prédestinés ?
Plus ou moins prédestinés car notre vécu influe dans notre destinée. L'expérience montre que la position dépend essentiellement du sentiment que chacun a de la place occupée dans le cœur parental, du vécu à l'intérieur de notre fratrie et du regard des autres sur cette place. Tout dépend du vécu qu’on a dans sa petite enfance. Ça vous donne un rôle et ça influence notre destinée. Mais il y a des familles où les rôles sont inversés. Le 2ème peut être plus brillant et être considéré comme l’aîné dans la famille. 

La place de l’aîné est-elle plus difficile à tenir ?
Jadis l'aîné était privilégié à cause des traditions, du patrimoine etc. De nos jours cela a disparu, mais il en reste quelque chose dans l'inconscient collectif. L’aîné est celui qui nous fait parent. Souvent ses performances sont plus attendues de l'entourage et notamment des parents. C’est une place qui peut être valorisée mais plus difficile à tenir. C’est le seul à vivre un amour parental exclusif et ça renforce son narcissisme. Mais tout cela dépend aussi du nombre dans la fratrie : aîné de 2 est différent de 3 et à fortiori de 3 ou 4. C'est surtout à partir de 3 ou 4 que l'aîné est une référence pour les autres et que cela peut peser pour lui. Mais tous les aînés ne se ressemblent pas et encore une fois, le regard et la place que les parents lui donnent est essentielle et très différente d'une famille à l'autre.

Rivalités, jalousies, conflits entre frères et sœurs : comment réagir ?
Rivalité et jalousie entre frères et sœurs sont des sentiments normaux surtout au début de la vie puisque pour chacun de nous c'est la compétition pour l'amour parental. Aux parents à ne pas le souligner et le reconnaître comme un sentiment naturel qui nous permet de grandir et de se différencier. Les parents ne doivent pas en rajouter, en faisant des comparaisons. Et ces conflits ne présument pas de ce qui ira de la vie future. Ils peuvent être à couteaux tirés enfants et bien s’entendre à l’âge adulte.

Comment régler les conflits graves ?
Il faut consulter si l’enfant est en grande difficulté et ne s’épanouit pas, ou encore si les parents en souffrent. Une simple rencontre peut apaiser les choses. On n’aime jamais ses enfants de la même manière. Mais il faut montrer aux parents que ce n’est pas grave. Parfois, il suffit de laisser les enfants régler leurs affaires eux-mêmes. Rappelons que la jalousie, c’est absolument banal. Les parents ne doivent pas se sentir coupable.

 

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