La césarienne extrapéritonéale, la césarienne du futur ?

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La césarienne extrapéritonéale, la césarienne du futur ? La césarienne extrapéritonéale, la césarienne du futur ? - Crédit : mninni/Fotolia
La technique de la césarienne extrapéritonéale reste encore méconnue, presque confidentielle. Et pourtant, cette méthode pourrait bien gagner un jour ses galons de césarienne du futur tant les bénéfices sont grands pour les mamans et leurs bébés. Le point avec le Dr Bénédicte Simon, l'un des dix gynécologues-obstétriciens à pratiquer la césarienne extrapéritonéale en France.

 

En quoi la césarienne extrapéritonéale est-elle si novatrice ?

Dr Bénédicte Simon : "La césarienne extrapéritonéale est une nouvelle technique basée sur une méthode très ancienne modernisée par le docteur Denis Faulke il y a une dizaine d'années. Cela reste une césarienne dans la mesure où l'on fait naître rapidement un enfant à travers la paroi du ventre en s'affranchissant de la mécanique de traversée du bassin.
Toutefois, la technique est moins agressive pour la femme. Dans une césarienne classique, on ouvre le ventre horizontalement, sous le nombril juste au ras des poils du pubis. Pour une césarienne extrapéritonéale, on ouvre la peau au même endroit. En revanche, on ouvre la paroi du ventre dans le sens inverse, si bien que la gaine des muscles n'est pas sectionnée en deux. On s'abstient également d'ouvrir le péritoine (le sac qui contient l'intestin et qui s'arrête au dessus de la vessie) en passant le bébé sous le péritoine . Grâce à cela, les séquelles et les risques de complications sont moindres qu'avec la méthode dite classique.
 "

Pour les patientes, qu'est-ce que cela change, concrètement ?

Dr Bénédicte Simon : "Les suites de couches sont beaucoup plus confortables après une césarienne extrapéritonéale. Après un accouchement par césarienne dite classique, la jeune maman doit rester au lit pendant 24 heures, avec une sonde, des calmants et sous perfusion. Ses premiers mouvements sont très entravés par la douleur qui se fait sentir parfois pendant plusieurs semaines. Le mode de vie des premières 24 heures est celui d'une convalescente pas celui d'une maman qui doit prodiguer les premiers soins à son bébé et éventuellement l'allaiter.
Dans le cas d'une césarienne extrapéritonéale, la patiente peut se lever quelques heures après l'opération, son ventre tire beaucoup moins, elle peut s'occuper de son bébé d'autant plus qu'elle n'a pas de perfusion puisque l'on prescrit un produit à dosage unique contre l'hémorragie. Elle peut s'alimenter et prendre des forces puisque son intestin et sa vessie n'ont pas été paralysés. Elle peut même prendre une douche dans la mesure où la peau a été refermée avec de la colle étanche au lieu des habituelles agrafes.
La nouvelle mère peut donc jouer pleinement son rôle de maman dès les premières heures. "


Cette pratique ne risque-t-elle pas d'encourager certaines mamans à demander des césariennes de convenance ?

Dr Bénédicte Simon : "Il faut remettre la césarienne au cœur du sujet. Pourquoi fait-on une césarienne ? Pour éviter un hypothétique danger. La pratique de la césarienne, quelle qu'elle soit n'est pas sans risque. Il meurt dix fois plus de femmes après une césarienne (à la suite d'une hémorragie, d'une infection...) qu'après un accouchement par voies basses. Par ailleurs, une césarienne créé une cicatrice sur l’utérus. Cela semble un bon rempart à la césarienne de convenance. "


Vous êtes l'un des rares obstétriciens à la pratiquer en France. Pourquoi cette technique ne perce-t-elle pas plus vite ?

Dr Bénédicte Simon : "Cette méthode est inconnue des universitaires. Elle ne s'apprend que par la pratique, au contact de praticiens qui la connaissent déjà. Comme toutes les innovations, les débuts sont encore très confidentiels avant de devenir une mode. Mais je ne doute pas que les habitudes se bousculeront rapidement et que cette méthode sera bientôt exigée par les femmes elles-mêmes."

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